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第二十六届“金秋诗会”诗歌赏析—— 袁 莉 [法]让·艾迦尔 《年少时光》
2018.06.11
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Lorsque j'étais enfant
Jean Aicard
 
Lorsque j'étais enfant, j'ai fait plus d'une fois,
Comme tous mes égaux, l'école buissonnière.
Le maître m'attendait : j'étais dans la rivière,
Ou le long de l'étang, ou dans le petit bois.
 
Temps perdu ? Non, gagné, car j'apprenais des choses
Que jamais ne me dit le professeur savant,
Quand j'écoutais, furtif, le murmure du vent
Et le frisson léger des bourdons sur les roses.
 
Du soupir des blés mûrs, de la chanson du nid,
Du bruit de l'eau perlant sur la branche mouillée,
De tous les sens confus qui troublent la feuillée,
J'apprenais l'art divin, le rythme et l'infini.
 
Aujourd'hui, l'écolier des oiseaux, des cigales
Et des roseaux penchés au bord des marais verts,
Imite leur langage et, selon l'art des vers,
Il décrit la campagne et les saisons égales.
 
Répétant de son mieux les secrètes leçons
Et le spectacle fort de la nature en sève,
L'humble rêveur, content d'être encore leur élève,
Vous ramène à l'école au milieu des buissons.
 
A cette heure où chacun parle de fin prochaine,
Où la plupart, plaintifs, meurent d'un long ennui,
Le poète, attristé des âmes d'aujourd'hui,
Raconte la vertu patiente du chêne.
 
En ce moment qui semble au monde le dernier,
Où l'on dit que déjà la conscience est morte,
Il ne va pas chantant le désespoir : il porte,
Comme gage de vie, un rameau d'olivier.
 
Car il comprend qu'un verbe habite les écorces,
Il devine dans tout l'exemple ou le conseil ;
Il sait qu'un grand espoir nous luit dans le soleil
Et qu'un amour sans fin fait la chaîne des forces.
 
Ah ! Rien qu'en traversant, quand Avril est vainqueur,
La prairie et les bois où tout vient de renaître,
L'homme, à qui nul n'a dit l'esprit caché de l'être,
Sent bien pourtant qu'un dieu lui passe dans le cœur !
 
Or les prés et les bois, les printemps que je chante
Sont ceux du pays même où je fus écolier,
Mon doux recoin de terre aimable et familier
Où la mer vient baigner la colline penchante.
 
J'ai là, dans ma Provence, où les lauriers sont beaux,
Mon foyer, mon arpent du sol de la patrie,
Et je sens à ce nom ma pensée attendrie,
Car là j'ai des amis et là j'ai des tombeaux.
 
Recueil : Les Poèmes de Provence (1874).
 
年少时光
[法]让·艾迦尔 作/袁莉 译
 
年少时光,我曾不止一次
逃离课堂,和许多同龄人一样。
老师抛在脑后,直奔金色池塘,
跃入山溪玩耍,寻找丛林秘藏。
 
你说我虚度了时光?
不,我在认真听讲:
暖风絮语,远胜师长的叮咛;
蜂翅轻扬,撩起玫瑰的裙裳。
 
只听得雏鸟的啁啾,熟麦的轻叹,
垂岸的柔枝任流水拨弹,
丝丝缕缕的细叶随狂风乱舞,
神明的律动,步点无数。
 
我曾是翠湖边芦苇的学生,
也曾师从秋鸟和夏蝉。
如今我学着用它们的语言描绘沃野平原,
谱写出家乡四季的诗篇。
 
我反复沉吟天地的秘籍,
卑微的织梦人,大自然的小学生,
想邀您走进丛林的画室,
五彩的景致,饱含造化的浓汁。
 
此时此刻,仿佛人人都在谈论终途,
苦恼的众生啊,踌躇哀怨的旅程。
为着灵魂落泪的诗人啊,
娓娓叙说那株坚忍的老橡树。
 
在这恍惚如末世降临的瞬息,
游魂归去,意识竟已模糊。
如丧曲响起,诗人选择缄默不语,
他举起橄榄枝,当作永生的约誓。
 
唯有他明白,这树衣下包裹着语言,
四处寻章摘句,在自然中汲取灵思。
爱的链条环环相依,
光照的世界,生生不息。
 
啊!一往无前!当四月凯旋,
林泽草场复生如新,
万物之灵毋需提醒,
平凡的心,也曾走过一个神明。
 
我咏唱的春天、牧场和森林,
不过都是那个国度的臣民。
我是那里的小学生,一切熟习于心,
温暖的角落,海水浸润、山丘迤逦。
 
我的普罗旺斯啊,热土平坦无垠,
那是我心之居所,月桂树般美丽。
你的名字,是我柔软的思忆,
亲朋和家墓,是我永远的吸引。
 
选自诗集《普罗旺斯诗篇》(1874年)
 
  解析:
  《年少时光》选自让•艾迦尔的第二部诗集《普罗旺斯诗篇》。这部描绘诗人家乡的抒情之作一经问世,立刻引起轰动,26岁的年轻人从此跻身法兰西“诗歌名人堂”。由于从小受到抒情派大诗人拉马丁的影响,艾迦尔早期的诗典雅、细腻、真挚,追求绘画的色彩和音律的悦耳动听,严格遵循亚历山大体,继承了浪漫主义诗歌的传统。这首诗的文字风格和它的主题一样,以大自然为师,真实、纯净,相信万物皆有灵性,在描摹美景的同时,追忆童年、思考未来,与自己心中的神明对话。译者以为,诗歌翻译究竟该达到怎样的境界才完美,是没有答案的。在翻译这首诗的过程中,译者感到诗人艾迦尔的影子处处跟随、无时不在。译者并不试图在形式上刻板地模仿原诗(每行十二音节、每段押环韵),而是力求在语言的质感上、在形象的内涵上呼应和再现原作的风貌,所谓超以像外,得其环中。在异质文化诗歌的此岸与彼岸之间,永远是有译者的主观能动之河在流淌。因此每一首译诗,都应该是译者新的创造。
 
  作者简介:
  让•艾迦尔(1848~1921) 19世纪后半叶至20世纪初,法国诗坛先后涌现出浪漫派、帕纳斯派和象征派三大艺术思潮。诗人艾迦尔属于承上启下的人物。他既与浪漫派大诗人拉马丁过从甚密,又直接参与了帕纳斯派(唯美主义)《现代诗集》第二卷(1869)和第三卷(1876)的创作。后辈诗人象征派天才兰波早期也曾对他推崇备至,写了一首名为《错愕》的诗题献给他。艾迦尔成名很早,19岁就出版了第一部诗集,22岁其独幕诗体剧在马赛剧场上演,26岁出版了歌颂自己家乡的《普罗旺斯诗篇》,从此冠以“普罗旺斯诗人”的称号。1894年艾迦尔当选法国“文学研究会”主席,5年后《巴黎人指南》将他列为“文化名人”,并将其作品归为“南方浪漫”系。1909年他入选“法兰西学士院”成为“不朽者”,接替已故诗人弗朗索瓦•高贝的席位。关于诗人艾迦尔的形象,在巴黎奥赛博物馆中藏有一幅法国文学史上最著名的诗人群像画,名为《餐桌一角》,诗人站在画面的最右边,与左下方坐着的兰波和魏尔伦遥相呼应。
 
  译者简介:
  袁莉 文学博士、副教授。复旦大学外文学院法文系主任。中国翻译协会专家会员,上海翻译家协会副会长,全国法国文学研究会理事。主要研究方向:法国文学、翻译学。主要译著有《第一个人》、《爱》、《老人,少女,孤岛》、《寄语海狸》(合译)、《基督教先驱的受难》、《名人传》、《重庆欢乐彩与他人:关于人类多样性的法兰西思考》等。